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Association Pibraction Environnement

Résumé de l'article « Bayer, dans l’enfer du mariage avec Monsanto » Le Monde

Pour faire suite à nos résumés des articles du Monde sur les Monsanto Papers, nous vous proposons le résumé de l'article du 3 novembre 2018 :

 

Depuis la fusion effective des deux groupes, la valeur du nouvel ensemble ne cesse de fondre. Les investisseurs s’inquiètent du risque environnemental que constitue le glyphosate.
Juin 2018 : rachat de Monsanto par Bayer.
9 août 2018 : Dewayne Johnson, ancien jardinier, en phase terminale de cancer, obtient gain de cause dans son procès contre Monsanto qui est condamné à verser au plaignant 289 millions de dollars.
22 Octobre 2018. Suite à l’appel de Monsanto, la juge annonce ne pas rouvrir le dossier mais allège la sanction financière. Ce sera 78.5 millions de dollars, réduction de dommages et intérêts acceptée par D Johnson le 1er Novembre.
A l’énoncé du premier jugement, Bayer perd 10 milliards en bourse en quelques heures.
A l’énoncé de la clôture du dossier fin octobre, l’action s’effondre à nouveau pour atteindre son plus bas depuis 5 ans.
Tout dans l’alliance Monsanto Bayer est démesuré :
Le prix de la transaction (63 milliards de dollars),
La taille du nouveau groupe, premier producteur de glyphosate au monde,
L’image négative du nom MONSANTO, à tel point que Bayer a prévu de le faire disparaître,
L’ampleur du nouveau risque judiciaire : 7800 procès actuellement intentés aux Etats Unis contre Monsanto.

Ambiance…
En interne, l’inquiétude est grande : « l’ambiance est désastreuse. Beaucoup avaient déjà eu du mal à avaler la décision de racheter Monsanto, mais là la situation n’est pas tenable ».
Des décisions concernant le cœur même des activités de Bayer sont envisagées : cession du secteur santé animale (non encore confirmé), cession du département recherche en médicaments (fondamental chez Bayer) et surtout Bayer veut sauver le glyphosate.
 Werner Baumann, à la tête du groupe, déclare fin septembre à la presse allemande : « Grâce au glyphosate, les gens mangent à leur faim ». Cette affirmation sur le glyphosate est d’autant plus surprenante que début 2018 un tout autre discours était mis en avant.

Volonté de dialogue.
Le département Crop Science de Bayer a pour mission « d’imaginer l’agriculture du futur pour les agriculteurs, les consommateurs et la planète ». Son directeur, Liam Condon, jouait la carte du dialogue et de l’apaisement et multipliait les interventions dans la presse et auprès d’associations environnementales.
Une discussion est engagée avec Robert Habeck, co-président du parti écologiste allemand, sur la question de savoir comment nourrir la planète en 2050 avec 10 milliards d’habitants. Cette ouverture est une première dans ce pays, entre Bayer qui veut trancher avec le passé de Monsanto (qui refusait systématiquement le débat avec ses contradicteurs) et des Verts allemands qui ne veulent plus passer pour des ennemis de l’innovation.
Comment accroître la production agricole dans le contexte d’une augmentation de population, d’un réchauffement climatique, et d’une extinction des espèces ? Comment faire avec moins d’eau, moins d’engrais et moins de pesticides de synthèse ?
Si « le glyphosate n’est plus notre avenir » comme l’affirme Liam Condon, quelles propositions de la part du géant allemand ?

 

  • Utiliser la technologie dite du « ciseau génétique » qui permet de modifier l’ADN d’une plante sans avoir recours au matériel génétique d’une autre plante. Mais cette technologie se heurte à un arrêt de la Cour de justice européenne mettant en avant leur caractère d‘OGM.

 

  • Développer une « agriculture numérique ». On envisage l’utilisation de robots dans les champs pour repérer les plantes nuisibles et les détruire au laser, ainsi que la multiplication de capteurs pour mesurer au plus près l’hygrométrie et la quantité d’intrants à utiliser.

 

  • Améliorer la connaissance des micro-organismes ou microbes présents dans le sol et leur relation avec la croissance des plantes, proposer des solutions biologiques pour la fertilisation des sols et la protection contre les maladies. Certaines préparations sont déjà disponibles et utilisables en agriculture bio.

 

Plusieurs sources des milieux écologistes - interrogées par Le Monde - conviennent en off que ces innovations sont intéressantes et qu’elles consacrent une agriculture « post-chimie », mais elles maintiennent leur condamnation de la concentration de l’agro-technologie.

Or, pour les actionnaires, ces nouvelles méthodes ne promettent pas de profits à court terme…et la Bourse est cruelle.
Bayer doit donc relever le défi : convaincre que son modèle d’agriculture est aussi « durable » qu’il le prétend et qu’il peut générer autant de profits que le glyphosate.

Commentaire de Pibraction Environnement : la conclusion de l'article revêt un caractère exclusivement économique que nous regrettons. Est-ce un "défi" que de générer des profits au détriment de la qualité de l'alimentation et donc de la santé de la population ?


Compléments « L’Usine Nouvelle » (29 novembre 2018) :
« Bayer annonce la vente d’actifs, la suppression de 10% de ses effectifs et des dépréciations d’un montant de 3.3 milliards d’euros ».

 



23/12/2018